Surveillance

Dans le cadre d'une ICPE en activité ou de la gestion d’un site pollué, une surveillance des eaux souterraines peut être mise en place à différents stades. Celle-ci pourra avoir pour objet de renseigner quant à la présence et à l’évolution de la pollution, de comprendre les évolutions constatées, d’orienter ou de vérifier des mesures de gestion (par exemple le traitement de la source de pollution) ou encore de faciliter la communication avec les parties prenantes.

La surveillance des eaux souterraines s’inscrit donc dans différents contextes de gestion en lien avec les aspects réglementaires et ce tout au long de la vie d’une installation :

• de la surveillance préventive que l’on met en place lors :
- de l’état initial avant l’activité ;
- de la surveillance de l’activité ;
• à la surveillance suite à un incident ou accident récent
• à la surveillance liée à la découverte d’une pollution qui peut être identifiée :
- au cours de la vie de l’installation ;
- lors de la cessation d’activité.

En 2008, l’INERIS a rédigé, pour le compte de l’association RECORD, un état de l’art concernant la surveillance des eaux souterraines, présentant notamment les pratiques en France et à l’étranger ainsi que les  techniques émergentes, telle que les préleveurs passifs. Des fiches « aide-mémoire » ont également été rédigées à cette occasion, elles portent sur les différentes phases liées à la surveillance (concernant le réseau de suivi définition et mise en place, interprétation des données…).

Ce document est disponible sur le site de l'association RECORD : http://www.record-net.org/

Suite à ce travail, le Ministère en charge de l'Ecologie a sollicité l’INERIS afin d’initier une réflexion quant à l’évolution des réseaux de surveillance. En effet, Les textes relatifs aux modalités de gestion et de réaménagement des sites pollués du 8 février 2007 indiquent la nécessité de mettre en place une surveillance des milieux, mais également d’actualiser ce suivi (notamment au travers d’un bilan quadriennal). Actuellement, bien que l’évolution du suivi existe dans les faits, elle ne repose pas sur une argumentation commune au plan national. Un outil méthodologique spécifique permettrait d’harmoniser les pratiques, d’orienter et d’aider les responsables de sites à élaborer une stratégie de surveillance et l’administration à statuer sur son acceptabilité.

Une première phase a consisté en 2008/2009 à identifier l’état de l’art et les travaux en cours en France ainsi qu’à l’étranger sur ce sujet puis à définir les lignes directrices et points clés permettant de statuer quant à l’évolution d’un suivi. Ces travaux se sont poursuivis, en collaboration avec le BRGM, au travers d’un groupe de travail réunissant différents acteurs du domaine (représentants de responsables de sites : ADEME, industriels ; représentants de l’administration déconcentrée : inspecteurs des installations classées). Un outil méthodologique spécifique est en cours de rédaction et sera diffusé dans le cadre d'une consultation des parties prenantes au cours du premier semestre 2015 (présentation du travail en cours).

La mutualisation de la surveillance

L’évolution d’une surveillance à long terme des eaux souterraines est réalisée le plus souvent au cas par cas, en fonction de la spécificité de chaque site. Cependant, afin d’harmoniser les pratiques et d’apporter une aide aux administrations et aux responsables de sites, il semblait nécessaire de développer un guide de bonnes pratiques. Ce rapport constitue une première étape et propose les premiers éléments à considérer dans le cadre de l’évolution d’une surveillance des eaux souterraines. Ces travaux se poursuivent avec pour objectif de mettre au point une méthodologie nationale mettant en avant les éléments principaux à examiner lors de l’évaluation d’une surveillance, son évolution. Long Term Monitoring Optimization (LTMO) - Concepts and tools - rapport.

L’INERIS a analysé au cours de l’année 2013, une démarche unique en France, de mutualisation de la surveillance de la qualité des eaux souterraines conduite depuis plus de 10 ans à l’échelle d’un bassin industriel via l’association AQUA PM dans la Somme. Ce document de retour d’expérience, après avoir présenté quelques éléments techniques quant au suivi réalisé, apporte des informations sur l’origine de cette démarche, comment et avec qui elle s’est mise en place. Une chronologie des différentes étapes de mise en œuvre a été établie et une analyse AFOM (Atouts – Faiblesses – Opportunités – Menaces), complétée par une enquête auprès des membres de l’association, a été menée. Au final, l’analyse illustre le bien fondé de la mutualisation à une échelle plus importante que le site ICPE, qui paraît être la réponse adaptée à la surveillance environnementale d’une zone industrielle. AQUA PM peut être un modèle pour d’autres actions similaires dans d’autres bassins industriels. En effet, la mutualisation de la surveillance, en dehors de son intérêt purement économique, conduit à une meilleure connaissance des aquifères, et donc à une meilleure prévention et une meilleure gestion des pollutions. AQUA Picardie Maritime - Retour d’expérience de la surveillance des eaux souterraines mutualisée, menée à l’échelle d’un territoire industrialisé depuis plus de 10 ans - rapport.

REX AQUA PM - présentation (version 1 ; version 2 R/V).

A consulter également sur l'aspect surveillance :

Concernant les moyens d’essai, un pilote à l’échelle intermédiaire entre laboratoire et site réel a été finalisé et testé au cours du premier semestre 2014. En effet, l’INERIS a mis en place sur sa plateforme expérimentale ARDEVIE à Aix-en-Provence un dispositif de 12 m3 illustré ci-dessous. Celui-ci permet de simuler une nappe alluviale (écoulement permanent, laminaire, dans des conditions répondant à l’application de la Loi de Darcy) et de recréer un panache de pollution, de suivre son transfert en conditions maîtrisées.